Comment l’approche design peut disrupter le B2B ?

Comment l’approche design peut disrupter le B2B ?

Désintermédiation engendrée par les nouveaux canaux digitaux, ré-intermédiation récupérée par les nouvelles « startup-plateformes », le B2B subit actuellement de profondes mutations, et particulièrement dans le secteur tertiaire. Si l’approche design est de plus en plus plébiscitée pour repenser l’expérience client et concevoir de nouvelles offres de service dans les secteurs B2C, qu’en est-il pour innover dans le B2B ? Avec des clients en nombre plus réduit, très avisés sur les offres disponibles, et bien plus exigeants sur la manière d’être abordés, la qualité de la relation commerciale est primordiale en B2B. Etudes et enquêtes, livres blancs ou comparateurs, les stratégies d’inbound marketing sont devenues monnaie courante, tout comme l’usage des médias sociaux pour influencer la décision. Il faut sans cesse renouveler sa stratégie et redoubler de créativité pour s’adapter aux fluctuations du paysage concurrentiel. A plus long terme, si vous êtes un acteur du B2B et si demain les producteurs vendent directement aux consommateurs, que va-t-il advenir de vous ? Allez-vous avoir un nouveau rôle ou disparaitre ? Et comment les approches design peuvent vous accompagner pour transiter vers de nouveaux modèles ? Voici mes réflexions sur le sujet, tirées de quelques retours d’expérience auprès de nos clients. 1) Renverser la relation commerciale à votre avantage Des relations de long terme, rigides et silotées : Il convient dans un premier temps de se rappeler quelques caractéristiques d’une relation B to B. Il s’agit généralement de relations longues (10 ans environ), structurées autour de la sécurisation des différents engagements pris par les parties : avantages fournisseurs, simplification des processus, accords cadre, etc. Ainsi orientée vers la durabilité, la relation commerciale se base sur une communication personnalisée...
Former vos équipes au design, c’est réconcilier RH & Business

Former vos équipes au design, c’est réconcilier RH & Business

« Travailler différemment » tel est le leitmotiv du moment ! Avec la nécessaire transformation des organisations provoquée par le digital, la pression concurrentielle, l’injonction d’innover, … un véritable bouleversement des modes de travail est à l’œuvre : on prône désormais le sans silos (open innovation), le sans bureaux (co-working), et même parfois le sans managers (holacratie) ! On ne parle désormais plus seulement d’expérience client mais également d’expérience collaborateur, avec le souhait d’un environnement de travail moins hiérarchique, moins procédurier, et plus humain.  Mais qui dit changement culturel de grande échelle dit également nouvelles compétences à acquérir par tous les collaborateurs, et donc nouvelles formations corporate ! On voit donc fleurir dans les programmes, de nouveaux modules dédiés au « digital leadership », « corporate hacking » et autres « inclusive management », mais aussi le petit dernier…  le « design thinking » ! Alors que faut-il en attendre ? Que va réellement vous apporter une formation courte à la « pensée design », quelles sont les opportunités et les limites ? Voici quelques retours d’expérience auprès de certains de nos clients, et mon point de vue sur la question 🙂 1) Formation design thinking ? Clarifier en amont votre besoin réel : On a tous ce client qui nous appelle parce qu’il organise un séminaire « top manager » et qu’il aimerait leur faire « toucher du doigt le design thinking » sur son créneau restant de 2h (max !). A ce stade deux choix se proposent à vous : A, vous sentez que c’est du « oneshot buzzword » et vous déclinez poliment. B, vous sentez un véritable intérêt pour un changement culturel et vous amorcez un premier travail de pédagogie, en détaillant ce qu’il est possible d’obtenir en fonction du temps qu’on y consacre :...
Création et intelligence artificielle : quel modèle pour imiter l’humain ?

Création et intelligence artificielle : quel modèle pour imiter l’humain ?

« À l’origine de la vie, il s’est créé une sorte de boucle, une sorte de machinerie naturelle qui revient sur elle-même et qui produit des éléments toujours plus divers qui vont créer un être complexe qui sera vivant. Le monde lui-même s’est autoproduit de façon très mystérieuse. La connaissance doit avoir aujourd’hui des instruments, des concepts fondamentaux qui permettront de relier. » Edgar Morin, 1995. Lorsque je suis sorti d’école de design, j’avais appris à « être créatif », mais je ne savais pas réellement expliquer pourquoi. Intuitivement, je comprenais comment stimuler cette faculté, mais des zones de flou persistaient quand il fallait verbaliser de manière précise l’ensemble des causes et dimensions à l’œuvre. En investiguant la littérature scientifique en psychologie, en gestion et au sein des sciences de l’ingénieur, même constats des chercheurs : zones de flou restantes, manque de convergence dans les approches, et difficultés à généraliser les résultats expérimentaux. Malgré plus d’un siècle de recherches (les premiers travaux remontent aux alentours de 1900), on admettait avoir toujours du mal à expliciter précisément un processus pourtant fondamental de la vie humaine. C’est dans ce contexte que j’ai entrepris des travaux de recherche entre 2012 et 2015, avant tout par motivation personnelle au départ, pour mieux comprendre mon propre fonctionnement en tant que designer. Mon angle d’attaque fut celui de l’approche systémique : rassembler tous les savoirs quel que soit les « chapelles » et disciplines, et tenter de les relier au sein d’un modèle complexe mais exhaustif. Un véritable pari, tant cette approche est, encore aujourd’hui, trop peu utilisée malgré sa puissance pour traiter la complexité. Cet article présente les résultats condensés de mes...
Embaucher un designer : une opportunité, mais surtout un risque !

Embaucher un designer : une opportunité, mais surtout un risque !

J’entends déjà crier mes homologues… mais vous me connaissez, j’aime aborder les sujets de la créativité, du design ou de l’innovation sous le prisme de la complexité et du non-conventionnel ! En cette fin d’année, il me parait intéressant de faire le point sur la diffusion du design au sein du monde industriel et économique, et ce particulièrement en France. Avec l’explosion de la « pensée design », de plus en plus de grands groupes se demandent s’ils ne vont pas intégrer cette fonction ou racheter une agence, les PME et startups succombent à l’embauche de designers, et les consultants se précipitent dans la brèche à peine ouverte ! Si c’est une très bonne chose, s’acculturer au design par des « formations », externaliser régulièrement des prestations auprès d’agences ou de freelances, et « embaucher un designer », ce n’est pas la même chose ! La dernière option marque un intérêt pour intégrer cette fonction durablement, c’est un signal fort tant pour l’intérieur que l’extérieur de l’organisation, c’est un champ d’opportunité tout comme un océan de risques… Cet article est destiné aux chefs d’entreprises, managers, recruteurs, à la recherche de leurs futurs designers ! Design 1.0, 2.0, 3.0, un peu d’historique… J’ai commencé à baigner dans le design en 2007, il y a… près de 10 ans, c’était avant la crise, avant le web 2.0, … et avant la déferlante des produits bio ! Le design à la française c’était « Starck & co » côté magazine, et surtout une foule d’anonymes aux fourneaux, produisant les objets de notre quotidien à l’ombre des bureaux d’études et départements intégrés. A l’époque le terme « esthétique industrielle » avait déjà disparu, mais dans les faits, il s’agissait...
Innovation collaborative : un enjeu de processus, pas de projets !

Innovation collaborative : un enjeu de processus, pas de projets !

Commençons par deux constats : La majorité des processus actuels ne permettent pas de développer l’innovation collaborative (efficace surtout pour la proposition d’idées en silos, peu d’interactions entre les individus contributeurs, et pas de développement d’une véritable culture de la co-construction) En conséquence de ce manque de processus adéquat, la majorité des dispositifs imaginés pour favoriser l’innovation misent tout sur la création de projets ex nihilo (challenge d’idées, programmes d’intrapreunariat, incubateurs, et autres Lab innovation, …) Cela s’explique très bien, puisqu’au sein des entreprises, le fameux fonctionnement en « mode projet » est apparu en opposition au « mode processus », afin de conduire des activités inédites au sein d’environnements incertains… (les fameux projets innovants !) Problème : créer les conditions matérielles, humaines et financières de l’émergence de projets innovants n’est pas aussi simple… et après plusieurs années de retours d’expériences, nombre de challenges d’idées, d’incubateurs, et autres « lab » n’ont pas apporté le succès espéré. Au final, d’un côté on entend « on ne peut pas innover avec un processus structuré », « l’innovation est chaotique par nature, il n’y a pas de règles », et de l’autre les dispositifs de développement accéléré de projets n’assurent au final aucunes conditions de réussite. Ils s’appuient sur une routine « try-many fail-fast » hasardeuse, et nécessitent un investissement colossal pour une perte au feu tout aussi démesurée. Alors, n’y a t’il pas d’autres solutions ? Etes-vous condamnés à exploiter ces dispositifs moyennant de nouvelles itérations d’essais/erreurs ? Heureusement non ! En effet, ce n’est pas parce qu’on a toujours pas trouvé le bon processus, qu’il n’y a pas de bon processus ! Et sur ce point, la recherche académique a avancé bien plus rapidement que les entreprises, si...