Embaucher un designer : une opportunité, mais surtout un risque !

Embaucher un designer : une opportunité, mais surtout un risque !

J’entends déjà crier mes homologues… mais vous me connaissez, j’aime aborder les sujets de la créativité, du design ou de l’innovation sous le prisme de la complexité et du non-conventionnel ! En cette fin d’année, il me parait intéressant de faire le point sur la diffusion du design au sein du monde industriel et économique, et ce particulièrement en France. Avec l’explosion de la « pensée design », de plus en plus de grands groupes se demandent s’ils ne vont pas intégrer cette fonction ou racheter une agence, les PME et startups succombent à l’embauche de designers, et les consultants se précipitent dans la brèche à peine ouverte ! Si c’est une très bonne chose, s’acculturer au design par des « formations », externaliser régulièrement des prestations auprès d’agences ou de freelances, et « embaucher un designer », ce n’est pas la même chose ! La dernière option marque un intérêt pour intégrer cette fonction durablement, c’est un signal fort tant pour l’intérieur que l’extérieur de l’organisation, c’est un champ d’opportunité tout comme un océan de risques… Cet article est destiné aux chefs d’entreprises, managers, recruteurs, à la recherche de leurs futurs designers ! Design 1.0, 2.0, 3.0, un peu d’historique… J’ai commencé à baigner dans le design en 2007, il y a… près de 10 ans, c’était avant la crise, avant le web 2.0, … et avant la déferlante des produits bio ! Le design à la française c’était « Starck & co » côté magazine, et surtout une foule d’anonymes aux fourneaux, produisant les objets de notre quotidien à l’ombre des bureaux d’études et départements intégrés. A l’époque le terme « esthétique industrielle » avait déjà disparu, mais dans les faits, il s’agissait...
Innovation collaborative : un enjeu de processus, pas de projets !

Innovation collaborative : un enjeu de processus, pas de projets !

Commençons par deux constats : La majorité des processus actuels ne permettent pas de développer l’innovation collaborative (efficace surtout pour la proposition d’idées en silos, peu d’interactions entre les individus contributeurs, et pas de développement d’une véritable culture de la co-construction) En conséquence de ce manque de processus adéquat, la majorité des dispositifs imaginés pour favoriser l’innovation misent tout sur la création de projets ex nihilo (challenge d’idées, programmes d’intrapreunariat, incubateurs, et autres Lab innovation, …) Cela s’explique très bien, puisqu’au sein des entreprises, le fameux fonctionnement en « mode projet » est apparu en opposition au « mode processus », afin de conduire des activités inédites au sein d’environnements incertains… (les fameux projets innovants !) Problème : créer les conditions matérielles, humaines et financières de l’émergence de projets innovants n’est pas aussi simple… et après plusieurs années de retours d’expériences, nombre de challenges d’idées, d’incubateurs, et autres « lab » n’ont pas apporté le succès espéré. Au final, d’un côté on entend « on ne peut pas innover avec un processus structuré », « l’innovation est chaotique par nature, il n’y a pas de règles », et de l’autre les dispositifs de développement accéléré de projets n’assurent au final aucunes conditions de réussite. Ils s’appuient sur une routine « try-many fail-fast » hasardeuse, et nécessitent un investissement colossal pour une perte au feu tout aussi démesurée. Alors, n’y a t’il pas d’autres solutions ? Etes-vous condamnés à exploiter ces dispositifs moyennant de nouvelles itérations d’essais/erreurs ? Heureusement non ! En effet, ce n’est pas parce qu’on a toujours pas trouvé le bon processus, qu’il n’y a pas de bon processus ! Et sur ce point, la recherche académique a avancé bien plus rapidement que les entreprises, si...
Pourquoi refonder l’entreprise ne se fera pas sans design

Pourquoi refonder l’entreprise ne se fera pas sans design

Révolutionner l’entreprise à grands coups d’imprimantes 3D, de Blockchain, de Nanotech ou Biotech, le tout saupoudré du « sacro-saint Digital »… vous commencez à envisager la chose ! Mais grâce au design…  Là j’imagine qu’il faudra vous convaincre ? Non, nous ne parlerons pas de design thinking dans cet article, mais bien des 90% immergés d’un iceberg encore méconnu : le design comme science de la complexité. Nous n’aurons de cesse de le dire, plus que jamais les entreprises qui survivront demain sont celles qui auront su s’adapter aux changements, et adopter une organisation évolutive. Comment faire pour cela ? Changer de théorie, et changer de modèle ! Et dans cette voie pour refonder l’entreprise, les sciences de la complexité dont le design fait partie représentent l’une des alternatives les plus prometteuses.   1) Refonder l’entreprise, c’est d’abord changer ses fondements théoriques On le sait maintenant, quel que soit l’entreprise ou le secteur, le temps où l’on pouvait prendre une solution toute faite sur étagère pour résoudre un problème est révolu. Les besoins ont changé, il s’agit moins de maintenir son capital (ressources, connaissances, etc.) face aux changements, que de savoir comment l’adapter en permanence. L’entreprise doit aujourd’hui travailler en grande majorité sur des solutions qui n’ont pas été formalisées jusqu’à présent, voire même sur des problématiques dont la compréhension reste encore à définir. L’entreprise doit savoir apporter de la valeur quel que soit le contexte, aujourd’hui, sa capacité à se maintenir dans un environnement incertain et complexe passe par sa capacité à changer. Mais comment se maintenir à mesure que l’on change ? Et comment changer si l’on doit aussi se maintenir ? Changer sans changer, voilà le...
Non, la créativité, ça n’existe pas !

Non, la créativité, ça n’existe pas !

Encore un article sur la créativité ? Eh oui ! Mais promis, cette fois c’est sûrement le dernier ! Panacée des entreprises depuis plusieurs dizaines d’années, la quête du procédé miracle de stimulation de la créativité se poursuit encore aujourd’hui. Mais comment peut-on stimuler efficacement un phénomène que l’on ne comprend pas totalement ? Que sait-on réellement du processus créatif aujourd’hui ? Les quelques lignes ci-dessous ont pour ambition de supprimer le concept de « créativité » de vos esprits, et de le remplacer par des mots déjà existants dans notre dictionnaire : Pensée, Imagination, et Création. Bonne nouvelle, cela vous aidera certainement à… devenir plus créatif !   Créativité = Pensée On nomme souvent « créativité » ce que l’on appelle déjà : la pensée. Diversité, multiplicité, hétérogénéité, et continuité du monde en mouvement forcent l’esprit à ordonner, trier, et classer les informations qu’il perçoit en catégories et sous-catégories. Cette capacité d’abstraction nous permet d’observer les points communs et de les rapprocher de ce que l’on sait : nous construisons en permanence des catégories par analogie. Sans cette capacité d’abstraction, l’apprentissage et le passage de la réflexion à l’action seraient impossibles, car l’esprit serait noyé dans le flot continu des informations qu’il reçoit. Notre mémoire est ainsi constituée de millions d’informations reliées entre elles, qui peuvent se regrouper dans des ensembles rigides qui ne se laissent pas modifier facilement : des modèles mentaux préétablis regroupés en catégories. Il s’agit d’un long processus réflexif, associant l’utilisation de connaissances existantes et la lente accumulation de nouveaux éléments perçus. Les découvertes, les idées, ou les concepts émergent de ce processus cognitif fondamental et complètement ordinaire. Car une fois classée dans une catégorie, une information perçue peut également...
CPS, Design Thinking, Lean Startup: en finir avec les Buzzwords !

CPS, Design Thinking, Lean Startup: en finir avec les Buzzwords !

Creative Problem Solving, Design Thinking, Lean Startup, ces mots vous disent surement quelque chose ! Vous avez lu un article sur le sujet ? assisté à une conférence ? ou même participé à une formation express ? Et puis vous vous êtes dit « Pourquoi ne pas essayer dans mon entreprise… ? » STOP ! Les quelques lignes ci-dessous ont notamment pour objectif : 1) d’éviter les pièges en comprenant les principes clés de ces 3 démarches 2) de gagner du temps et les articulant efficacement en fonction de vos besoins   (Très) Rapide overview : Le Creative Problem Solving (CPS) est la démarche la plus ancienne (1967), et la plus connue de la plupart des entreprises. Popularisée en France par de nombreux cabinets de conseil depuis les années 80, c’est souvent la démarche sous-jacente que vous appliquez, sans toujours le savoir, lors des fameuses séances « brainstorming ». A l’origine issu de l’association des travaux de A. Osborn et S. Parnes, le CPS se caractérise par un processus qui alterne 7 à 8 phases de « divergence/convergence » : Problem Finding : Repérer un problème à résoudre Fact Finding : Récolter les données Problem Definition : Définir l’objectif spécifique Ideas Finding : Produire de nombreuses idées Solution Finding : Elaborer les solutions Acceptance : Favoriser l’adhésion et la réalisation Plan for Action : Concevoir le plan d’action Dans les faits, le CPS se synthétise en trois étapes principales : Problem Formulation – Solution Formulation – Solution Implementation.   Le Design Thinking (DT) est une démarche née dans les années 1980 à Stanford (R. Faste), et popularisée par l’agence IDEO (T. Brown). Elle connaît un fort engouement en France depuis le milieu des années 2000, grâce à des programmes académiques pluridisciplinaires...