Les Civic Tech peuvent-elles s’intégrer dans notre paysage institutionnel ?

Les Civic Tech peuvent-elles s’intégrer dans notre paysage institutionnel ?

Depuis plusieurs mois les Civic Tech ont le vent en poupe. Sous cet anglicisme se cache l’ensemble des outils numériques qui renforcent le lien entre les citoyens et les représentants politiques en permettant la co-construction des décisions publiques, l’ouverture des données gouvernementales et la mobilisation citoyenne sur des enjeux précis. En France, les initiatives Civic Tech sont légions : Assembl, développé par bluenove, DemocracyOS,  ou encore LaPrimaire.org font figure de pionnières de l’innovation démocratique. Parallèlement, les pouvoirs publics multiplient les demandes de concertation citoyenne : que l’on songe, par exemple, au budget participatif de la Ville de Paris, qui a mobilisé près de 160 000 personnes, ou encore au débat international sur les villes inclusives, proposé par les villes de Paris et de Medellín et piloté par bluenove grâce à son outil d’intelligence collective en ligne Assembl. Ces projets démontrent l’engouement que connaissent actuellement les Civic Tech. Cependant, sont-elles réellement adaptées à nos institutions politiques ou demeurent-elles un outil d’édulcoration d’un système politique plutôt fermé ?   Des institutions peu propices à la co-construction Lorsque nous regardons chez certains de nos voisins (Scandinavie, Allemagne, Islande…), nos institutions peuvent sembler rétrogrades sur le plan de la participation citoyenne. Cependant, cette culture de la participation citoyenne appartient-elle vraiment à notre ADN politique ? Notre système politique est doublement fermé. D’une part, les Français sont historiquement attachés à l’Homme providentiel. La Ve République est le symptôme de cette inclination à faire confiance à une figure d’autorité. L’épicentre de nos institutions demeure le pouvoir exécutif incarné par le Président de la République. Qu’on ne s’y méprenne pas : les Français sont tout autant attachés au charisme d’un individu...
L’exemple de livrable final d’une démarche d’intelligence collective digitale: Cities For Life

L’exemple de livrable final d’une démarche d’intelligence collective digitale: Cities For Life

A travers sa plateforme d’intelligence collective digitale Assembl, bluenove a organisé une consultation internationale en ligne sur les villes inclusives, en amont et dans le cadre du Sommet mondial sur l’Inclusion, l’Innovation et la Résilience qui s’est tenu à Paris le 21 et 22 novembre 2016. Ce débat public, lancé conjointement par les Villes de Paris et de Medellin, ainsi que leur partenaire People for Global Transformation, avait pour objectif de clarifier la notion de ville inclusive, de permettre aux habitants du monde entier de partager leurs préoccupations et de co-construire avec les citoyens des propositions concrètes pour assurer un développement urbain plus inclusif. Cette consultation a été à la hauteur de son ambition, puisqu’elle a permis la production d’un rapport structuré autour de ce triple objectif de définition, de priorisation des enjeux et de construction d’idées actionnables. Un rapport riche et innovant qui préfigure une façon innovante de produire des connaissances nouvelles avec un grand nombre de personnes. Voici donc l’exemple d’un livrable final d’un débat Assembl avec ses caractéristiques spécifiques : 1. La co-construction de nombreuses solutions concrètes: 45 propositions citoyennes ont émergé de cette consultation. 2. La production de solutions particulièrement innovantes, par exemple: l’expérimentation d’un revenu minimum citadin, l’adoption d’une Charte des Droits et des Devoirs du citadin, l’instauration d’un droit de propriété dans les quartiers informels ou encore l’organisation d’un service civique « e-senior » dispensé par les personnes âgées. 3. Le respect du principe de transparence dans le cadre d’un débat démocratique: les contributions sont présentées sans modification a posteriori et le résumé des échanges reste fidèle à la discussion initiale avec la mise en avant de...
Un concours de startups pour révolutionner la filière papier

Un concours de startups pour révolutionner la filière papier

Martin Duval (Président & COO de bluenove) a eu l’opportunité d’interviewer Frank Gana (Directeur de l’Offre et du Développement) dans le cadre de son dispositif d’Open Innovation lancé en 2016, le ‘Circular Challenge’. Frank Gana, Directeur de l’Offre et du Développement d’Ecofolio   MD/bluenove: Bonjour Frank, pouvez-vous nous rappeler en quoi Ecofolio est au cœur d’un écosystème d’acteurs et de parties prenantes très variées au sein de la filière papier ? FG/Ecofolio: Ecofolio est un acteur au cœur de la filière papier: nous interagissons avec plus de 11 000 clients, nous travaillons en étroite collaboration avec plus d’un millier de collectivités et avons forgé de multiples partenariats avec des opérateurs, des bureaux d’études, des PME innovantes ou encore des laboratoires de recherche. Nous sommes en quelque sorte un catalyseur de la filière et œuvrons chaque jour pour l’inscrire dans une dynamique vertueuse d’Economie Circulaire. Notre ambition est que toute la filière s’inscrive dans une démarche qui fait rimer Ecologie avec Economie, par la concertation et le dialogue. Il est primordial que chacun tienne compte des contraintes des autres acteurs car la chaine de valeur du papier concerne un ensemble de métiers avec des spécificités propres : l’action de l’un a un impact direct sur l’autre, notamment en ce qui concerne la recyclabilité du papier. MD/bluenove: Quel est l’enjeu de demain pour la filière papier ? FG/Ecofolio: Plus qu’un déchet, nos papiers d’hier sont des ressources pour demain. Pour que cette ressource soit compétitive, il faut construire un nouveau modèle écologique et économique alliant croissance et performance. La pérennité de notre filière, porteuse d’emplois et de richesses pour notre pays, repose notamment sur l’investissement en R&D...
Le saut vers l’intelligence collective 2.0 !

Le saut vers l’intelligence collective 2.0 !

Beaucoup utilisent aujourd’hui la notion d’intelligence collective de manières très différentes, y compris pour décrire des processus collaboratifs simples lors de réunions classiques ou d’ateliers de créativité en présentiel avec une dizaine de participants. Mais l’Intelligence Collective est en train de réaliser un véritable saut quantique tant dans ses usages, ses impacts, les domaines qu’elle adresse que dans sa mise en oeuvre. Voilà sept dimensions qui décrivent ce passage à un niveau 2.0 de l’intelligence collective que les entreprises les plus en pointe sont déjà en train d’utiliser. L’intelligence collective 2.0 est: Massive. Au delà de réunir des petites équipes de quelques dizaines d’experts et de managers lors d’ateliers ou de séminaires, les grandes entreprises et acteurs publics comprennent désormais que l’enjeu consiste à mobiliser plusieurs centaines, milliers voire dizaine de milliers de participants pour contribuer à la résolution d’un enjeu majeur ou l’analyse d’une nouvelle opportunité. Digitale. Forts de leur plan de transformation digitale, les grands groupes sont désormais plus matures pour s’appuyer sur des plateformes logicielles de nouvelle génération afin de permettre des débats et échanges riches et transverses en ligne. Stratégique. La plupart des moments et des sujets stratégiques de l’entreprise sont aujourd’hui propices et éligibles à une démarche d’intelligence collective: la planification stratégique, la refonte du modèle de management ou des valeurs, le plan de transformation digitale, la co-construction d’une nouvelle offre innovante, la validation d’un plan de formation auprès des managers, la feuille de route Innovation, etc. Open. Parmi les parties prenantes impliquées dans leurs débats en ligne, les entreprises commencent à être prêtes à rajouter aux échanges entre leurs salariés, des interactions avec des clients, des startups, des étudiants, des partenaires, des experts, etc. Hybride. Les dispositifs mis au point...
L’Intelligence Collective révolutionne le Conseil en Stratégie: pour 5 raisons

L’Intelligence Collective révolutionne le Conseil en Stratégie: pour 5 raisons

Par Intelligence Collective j’entends la capacité de: adresser une question ou un enjeu stratégique (dans une entreprise ou par une ‘smart city’) mobiliser plusieurs centaines ou milliers de participants pour contribuer à un débat en ligne sur une période courte (d’environ 2 mois) pour co-créer un livrable concret (plan d’action, ensemble de recommandations, synthèse d’analyse, livre blanc, etc.) en réponse Cette nouvelle manière de travailler représente une véritable rupture du métier de conseil en stratégie et en gestion de la transformation pour les raisons suivantes: Il existe de moins en moins de personnes qui croient encore que 10 experts sont plus brillants que 10.000 cerveaux. Pas grand chose à ajouter à çà: si vous n’êtes pas d’accord sur le fait que le plus nombreux nous sommes à tenter de résoudre ensemble une problématique, le plus innovants et impactants nous pouvons devenir, ne perdez pas votre temps à lire les points suivants. Les PDGs et le Top Management valorisent désormais autant la qualité de solutions nouvelles que le niveau d’engagement qu’elles sont en mesure de générer au sein de leurs équipes. Tellement de splendides plans stratégiques ne sont pas parvenus à être mis en oeuvre par manque de compréhension et d’appropriation par l’ensemble de l’organisation. En proposant une Version 1 du Plan Stratégique à l’ensemble des collaborateurs en leur demandant de le compléter, l’illustrer d’exemples et de meilleures pratiques, d’y rajouter des idées, d’aider à sélectionner les opportunités à plus haut potentiel, etc. pour obtenir une Version 2 qui inclut l’ensemble des contributions de chacun représente un valeur considérable en terme de vitesse d’exécution pour la suite. De nouvelles compétences sont nécessaires pour...
Intelligence collective en ligne et participation citoyenne (Partie 2)

Intelligence collective en ligne et participation citoyenne (Partie 2)

Lignes de faille du numérique citoyen  La multiplication des initiatives de participation citoyenne en ligne offre un premier étalonnage concret et mesurable, dont il s’agit de tirer les enseignements. Tout d’abord, un constat : à se focaliser sur des outils ascendants et descendants, on a créé un vide d’expérimentation en matière de co-production en ligne. Et à défendre une position minimisant la gestion de la concertation numérique, on a fait de l’auto-organisation le mode de production dominant des plateformes numériques. Build it and they will come, dit l’adage anglo-saxon. On sait depuis longtemps dans l’histoire d’Internet que cette posture est un leurre. L’échange en ligne s’organise, se structure, se séquence, s’anime. Ses travailleurs de l’ombre sont des gestionnaires de communautés, des animateurs de médias sociaux, des modérateurs de la participation, des curateurs de contenus, autant de métiers composant la ligne d’horizon professionnelle du digital. Le Web collectif exige en effet une maçonnerie méthodologique et un véritable coaching proactif. Autre ligne de faille, et bien-nommée en l’occurrence, celle de la fracture numérique : l’accent mis sur les données (open data, Internet des objets…) a probablement entretenu une forme d’incompréhension, ou a minima de perplexité, dans le grand public, scepticisme dont témoigne la faible appropriation de l’open data par la population. Propager le phénomène requiert l’émergence d’un véritable “middleground”, cet espace de structuration des nécessaires passerelles entre les données publiques numériques et le monde analogique de la société civile : organisateurs d’événements (formels ou informels), gestionnaires de tiers-lieux, animateurs du tissu associatif, développeurs économiques, agents d’artistes ou de talents créatifs, gestionnaires de ligues, clubs et autres communautés de pratiques, journalistes et médias spécialisés, sociologues,...