Innover en Afrique : le design comme levier d’autonomisation

Innover en Afrique : le design comme levier d’autonomisation

Innover consiste le plus souvent à développer une nouvelle offre ou à repenser des relations clients existantes, mais nombreux sont ceux qui misent également sur l’ouverture à de nouveaux marchés à l’étranger. Lorsqu’elles sont confrontées à une certaine saturation de leurs cibles et territoires habituels, les entreprises occidentales s’exportent sur d’autres continents et pays émergents : Asie, Amérique du Sud, et Afrique sont ainsi devenus les nouveaux eldorados. Si les stratégies marketing ont depuis bien longtemps exporté leurs recettes sur ces nouveaux territoires, qu’en est-il de l’innovation par le design ? Puisque toutes les projections montrent qu’il sera l’une des clés de la croissance mondiale, le « futur atelier du monde », j’ai choisi de faire un focus particulier sur le continent Africain. Bien connu pour son industrie historique de matières premières, le continent s’est engagé dans une véritable diversification de son économie, et attire continuellement toujours plus d’investissements étrangers. Dans la manufacture textile bien sûr (cas de l’Ethiopie), dans les télécoms et l’agroalimentaire, mais aussi dans les services (banques, assurances, médias, …). Pour les grands groupes occidentaux, l’Afrique est plus que jamais stratégique, notamment pour deux raisons : L’essor de l’urbanisation d’une part, entraînant l’arrivée d’une main-d’œuvre bon marché depuis les campagnes, estimée à 800 millions d’urbains supplémentaires d’ici à 2050. L’essor de la classe moyenne africaine d’autre part, estimée à un milliard d’individus d’ici à 2060. On comprend mieux pourquoi les secteurs liés à la consommation suscitent les convoitises, étant donné la masse potentielle de nouveaux clients à conquérir. Evidemment cette dynamique ne va pas sans son corollaire : la pauvreté extrême qui frappe toujours la moitié des Africains, les inégalités, la...
Les citoyens peuvent-ils participer à l’élaboration des politiques publiques ?

Les citoyens peuvent-ils participer à l’élaboration des politiques publiques ?

  Dans un contexte de décrédibilisation des pouvoirs publics et d’une défiance citoyenne à l’égard des représentants politiques, de nombreux acteurs plaident pour un renforcement de la participation citoyenne dans l’élaboration des politiques publiques. Associations, élus et administrations considèrent maintenant avec intérêt les opportunités offertes par l’intelligence collective. La Conseil national du numérique (CNNum) a d’ailleurs récemment publié un avis sur la confiance dans la vie publique, avec et pour les citoyen-ne-s d’une société numérique, appelant notamment le Parlement à intégrer davantage de recommandations et d’amendements citoyens dans la rédaction des textes législatifs, et même à promouvoir une communauté de citoyens engagés au sein de nos institutions. Comme nous l’avons déjà étudié dans un précédent article, les outils de concertationexistent et peuvent s’intégrer dans notre paysage institutionnel. Cependant, cette révolution dans nos modes de faire s’appuie sur un constat partagé par l’ensemble des acteurs souhaitant encourager la démocratie délibérative : le citoyen est naturellement compétent pour participer à l’élaboration des décisions publiques. Mais est-ce bien le cas ? Les citoyens sont-ils compétents pour participer aux affaires publiques ? Quels sont les résultats attendus d’une démarche de co-construction ? Nous verrons que la participation des usagers peut effectivement enrichir les politiques publiques mais que la présence d’experts et de responsables politiques reste nécessaire, tout l’enjeu étant de construire une nouvelle collaboration entre ces acteurs. Nous présenterons à la fin de cet article les conditions assurant une co-élaboration efficace avec les citoyens. L’élaboration des politiques par et pour les usagers   « C’est la personne qui porte la chaussure qui sait le mieux si elle fait mal et où elle fait mal, même si le cordonnier est l’expert qui...
Comment l’approche design peut disrupter le B2B ?

Comment l’approche design peut disrupter le B2B ?

Désintermédiation engendrée par les nouveaux canaux digitaux, ré-intermédiation récupérée par les nouvelles « startup-plateformes », le B2B subit actuellement de profondes mutations, et particulièrement dans le secteur tertiaire. Si l’approche design est de plus en plus plébiscitée pour repenser l’expérience client et concevoir de nouvelles offres de service dans les secteurs B2C, qu’en est-il pour innover dans le B2B ? Avec des clients en nombre plus réduit, très avisés sur les offres disponibles, et bien plus exigeants sur la manière d’être abordés, la qualité de la relation commerciale est primordiale en B2B. Etudes et enquêtes, livres blancs ou comparateurs, les stratégies d’inbound marketing sont devenues monnaie courante, tout comme l’usage des médias sociaux pour influencer la décision. Il faut sans cesse renouveler sa stratégie et redoubler de créativité pour s’adapter aux fluctuations du paysage concurrentiel. A plus long terme, si vous êtes un acteur du B2B et si demain les producteurs vendent directement aux consommateurs, que va-t-il advenir de vous ? Allez-vous avoir un nouveau rôle ou disparaitre ? Et comment les approches design peuvent vous accompagner pour transiter vers de nouveaux modèles ? Voici mes réflexions sur le sujet, tirées de quelques retours d’expérience auprès de nos clients. 1) Renverser la relation commerciale à votre avantage Des relations de long terme, rigides et silotées : Il convient dans un premier temps de se rappeler quelques caractéristiques d’une relation B to B. Il s’agit généralement de relations longues (10 ans environ), structurées autour de la sécurisation des différents engagements pris par les parties : avantages fournisseurs, simplification des processus, accords cadre, etc. Ainsi orientée vers la durabilité, la relation commerciale se base sur une communication personnalisée...
Former vos équipes au design, c’est réconcilier RH & Business

Former vos équipes au design, c’est réconcilier RH & Business

« Travailler différemment » tel est le leitmotiv du moment ! Avec la nécessaire transformation des organisations provoquée par le digital, la pression concurrentielle, l’injonction d’innover, … un véritable bouleversement des modes de travail est à l’œuvre : on prône désormais le sans silos (open innovation), le sans bureaux (co-working), et même parfois le sans managers (holacratie) ! On ne parle désormais plus seulement d’expérience client mais également d’expérience collaborateur, avec le souhait d’un environnement de travail moins hiérarchique, moins procédurier, et plus humain.  Mais qui dit changement culturel de grande échelle dit également nouvelles compétences à acquérir par tous les collaborateurs, et donc nouvelles formations corporate ! On voit donc fleurir dans les programmes, de nouveaux modules dédiés au « digital leadership », « corporate hacking » et autres « inclusive management », mais aussi le petit dernier…  le « design thinking » ! Alors que faut-il en attendre ? Que va réellement vous apporter une formation courte à la « pensée design », quelles sont les opportunités et les limites ? Voici quelques retours d’expérience auprès de certains de nos clients, et mon point de vue sur la question 🙂 1) Formation design thinking ? Clarifier en amont votre besoin réel : On a tous ce client qui nous appelle parce qu’il organise un séminaire « top manager » et qu’il aimerait leur faire « toucher du doigt le design thinking » sur son créneau restant de 2h (max !). A ce stade deux choix se proposent à vous : A, vous sentez que c’est du « oneshot buzzword » et vous déclinez poliment. B, vous sentez un véritable intérêt pour un changement culturel et vous amorcez un premier travail de pédagogie, en détaillant ce qu’il est possible d’obtenir en fonction du temps qu’on y consacre :...
Les entrepreneurs sociaux sont des ­leviers d’innovation pour les grandes entreprises

Les entrepreneurs sociaux sont des ­leviers d’innovation pour les grandes entreprises

Dans une tribune au « Monde », Yoon-Joo Jee et Stéphanie Schmidt, actrices de l’« innovation ouverte », rappellent aux grands groupes l’intérêt de collaborer avec les start-up de l’économie sociale et solidaire. La multiplication des liens ­entre start-up et grands groupes affiche un message clair : c’est une manne d’innovation, dont dépend aujourd’hui la survie des entreprises. Pour les premières, il s’agit d’accélérer leur croissance en s’appuyant sur les forces de leurs aînés. En échange d’une source de jouvence et d’inspiration pour des groupes qui ont besoin de réinjecter de l’agilité et de la flexibilité dans leur modèle, afin de rester à la pointe de l’innovation. Une situation gagnant-gagnant, dite « open innovation » ­ (« innovation ouverte »), dans laquelle tout le monde trouve son compte. Mais de cette équation ressort un grand oublié : l’entrepreneur social. Pourtant présent dans les programmes des plus grandes écoles de commerce, l’entrepreneuriat social peine encore à se frayer un chemin jusqu’aux directions de l’innovation et de la stratégie des grandes entreprises. Pas assez « business », pas assez stratégique, à but non lucratif et par conséquent sans intérêt pour une entreprise ? Une barrière symbolique et quelques préjugés semblent persister entre les start-up de l’économie sociale et solidaire (ESS) et leurs cousins du numérique qui, eux, séduisent au premier coup d’œil. Pourtant, les success stories de l’ESS existent et ne cessent de démontrer le potentiel stratégique de collaborations entre entrepreneurs sociaux et grands groupes. Acteurs de terrain Innovation frugale, accès à de nouveaux marchés, stratégies durables d’usage des ressources, nouveaux modes de consommation, implication des salariés et des clients sont autant de leviers que ces alliances permettent d’actionner. Une stratégie de valeur partagée qui commence...
bluenove a participé au Hacking Health Camp 2017 : nos retours !

bluenove a participé au Hacking Health Camp 2017 : nos retours !

Au pays de la santé, le patient serait-il enfin devenu roi ? C’est ce qui se dessine depuis déjà quelques années. Les solutions innovantes sont pensées avec une véritable volonté d’améliorer son parcours santé. Cela n’est pas si étonnant lorsque l’on sait que l’empathie, caractéristique intrinsèque au personnel de santé, est aussi chère à l’approche par le Design. Innover dans la santé est pourtant un véritable challenge. Premièrement , le cadre réglementaire est complexe, bien que nécessaire pour protéger les patients. Deuxièmement, le numérique demeure un sujet sensible, la faute à une première vague de logiciels peu ergonomiques qui n’ont pas su convaincre. Enfin, les systèmes de santé étant très différents d’un pays à l’autre, il est très difficile de trouver un business model scalable à l’international. L’innovation collaborative serait-elle le nouvel eldorado ? Big Pharma, industriels du secteur, assureurs, établissement de soins, personnels de santé, startups… Ce sont tous ces acteurs qui étaient réunis du 17 au 19 mars dernier pour repenser la santé au travers du Hacking Health Camp de Strasbourg. En créant des dynamiques collaboratives, il est possible d’avoir une vision systémique au service de l’ensemble des parties prenantes. Nos trois consultants qui ont participé à cet hackathon en ont l’intime conviction : la rupture sera à la croisée des chemins entre le digital, le collaboratif et une approche centrée utilisateur.   Dans ce compte rendu que nous pouvez télécharger, vous trouverez : Les tendances santé observées au Hacking Health Demain, tous designers ? Les projets qui nous ont marqués Les bonnes pratiques du hackathon * obligatoires Votre nom* Votre prénom* Votre email* Votre société* Votre fonction  ...