Réinventer la participation citoyenne et l’action publique par l’intelligence collective ?

Réinventer la participation citoyenne et l’action publique par l’intelligence collective ?

Est-on capable de concevoir à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de personnes des nouveaux dispositifs publics ? Peut-on aller chercher l’expertise où elle se trouve et comprendre l’expérience vécue par de nombreux usagers et la consolider sous forme de connaissances nouvelles ? Peut-on imaginer que certaines décisions d’intérêt général soient éclairées par une aide d’un grand nombre de citoyens ? Comment outiller des communautés (associations, collectifs, mouvements spontanés…) pour qu’elles se saisissent de sujets pour réaliser ensemble des transformations réelles ?

L’intelligence collective est une réponse à ces questions. Chez bluenove, nous portons la vision de l’intelligence collective « des grands nombres » : c’est-à-dire la capacité d’une communauté à créer des interactions structurées entre ses membres et à coproduire des connaissances et des idées nouvelles. Tout l’enjeu est alors de « mettre en capacité » cette communauté à s’engager dans une démarche de co-production.

 

5 grandes convictions pour refonder le lien avec les citoyens

Le lien entre les acteurs publics et leurs différentes parties prenantes (usagers, entreprises, associations,…) peut être enrichi et productif en partant des convictions suivantes :

  • Chaque individu (usager, utilisateur, citoyen, agent,…) est porteur d’une connaissance, d’une expertise, d’une expérience d’usage qui sont sous-exploitées par les organisations publiques pour se moderniser.
  • L’échange en ligne s’organise, se structure, se séquence, s’anime, se synthétise de manière itérative.
  • Il est possible de faire coopérer le grand nombre (plusieurs centaines, plusieurs milliers de personnes) pour produire ensemble un livrable (une stratégie, de nouveaux concepts, un plan d’action…).
  • Il est possible de prendre en compte l’ensemble des contributions, de les tracer et de les rendre transparentes pour l’ensemble des contributeurs.
  • L’intelligence collective en ligne est parfaitement combinable avec des événements et des moments physiques (ateliers créatifs, …) : les deux démarches s’enrichissent mutuellement.

Ce dernier point est critique pour les acteurs publics. Il ne s’agit aucunement de substituer les démarches « traditionnelles », organisées sous formes d’ateliers présentiels ou d’assemblée, à une démarche 100% en ligne, déshumanisée. L’objectif est de penser et animer des processus d’intelligence collective mixant des moments distincts en ligne et hors-ligne.

Voir à ce sujet l’article suivant

 

Les cas d’usages sont en train d’émerger

Même si ces pratiques sont émergentes, au sein des secteurs public et privé, quelques réalisations emblématiques sont à souligner pour inspirer les acteurs publics :

  • Conduire une démarche prospective sur une politique publique (ex. l’emploi en Ile de France à 10 ans, la mobilité dans 10 ans…). L’exemple : la SNCF, dans le cadre de son programme Tech4Rail, a co-construit avec 1 000 experts et managers les 10 projets technologiques du Groupe à 18 mois, 3 ans, 10-15 ans (durée : 2 mois).
  • Co-construire un schéma directeur / document d’orientation sur l’emploi, le développement économique, la croissance en recherchant la meilleure alliance entre présentiel et en ligne. Quelle sera la première région pionnière à engager ce type de démarche ?
  • Opérationnaliser une politique / dispositif public en identifiant des projets et initiatives concrètes y contribuant. L’exemple : la Ville de Paris a mis en débat son plan « Paris intelligente et Durable, perspectives 2020 et au-delà » pour solliciter les points de vue du plus grand nombre afin d’enrichir et d’affiner le document initialement développé par la Ville de Paris (durée : 3 mois) http://villeintelligente.idee.paris/debat2015 . La synthèse de cette démarche est accessible ici.
  • Mobiliser une population définie pour imaginer de nouveaux dispositifs publics. L’exemple : un débat à grande échelle a été conduit auprès des Français de l’étranger, à l’initiative du député Frédéric Lefebvre, avec l’appui de bluenove. Cette consultation en ligne, qui a duré 8 semaines, a sollicité les points de vue du plus grand nombre parmi les 2 millions de Français installés hors de France (étudiants, familles, entreprises, élus) pour identifier les différentes voies d’amélioration de leur relation avec la France. Cette initiative inédite vise à engager de nouvelles formes de participation citoyenne, et même de « démocratie digitale », en amont des travaux législatifs. Lien vers le débat : http://debat-francaisdeletranger.fr .
  • Mener des consultations internationales sur des enjeux globaux.  L’exemple : La ville de Paris avec la ville de Medellin, en partenariat avec l’ONU, l’OCDE et People for Global Transformation, ont engagé un débat international multilingue « Cities for Life » sur la ville inclusive. Cette démarche vise à produire un « call for action » citoyen à destination des maires des grandes métropoles des pays du Nord et du Sud. Pour en savoir plus : http://citiesforlife-latribune.paris/en/public-consultation – Lire une interview
  • Co-construire son projet d’administration (ou équivalent) en impliquant les cadres et les agents. L’exemple : le Conseil Départemental du Val d’Oise a organisé mi-mai un séminaire associant ses 200 cadres pour imaginer les contours de son futur projet d’administration. L’objectif est d’identifier et co-construire 15-20 projets concrets.
  • Co-construire un programme politique. L’approche des élections présidentielles pourrait inspirer certains leaders politiques à donner une couche de « co-construction » à leur projet pour la France. Qui est prêt à se lancer et à mobiliser plusieurs milliers de sympathisants et non sympathisants pour enrichir et opérationnaliser ses propositions ?

 

Assembl : une méthode et un logiciel au service des acteurs publics

bluenove a développé, avec l’appui du MIT, un logiciel et une méthodologie d’intelligence collective baptisés Assembl. Assembl est le premier logiciel spécifiquement conçu pour faciliter l’intelligence collective en ligne pour des groupes de grande taille (100 à plusieurs dizaines de milliers de personnes). Il permet de co-produire de la connaissance nouvelle synthétisée dans un document formalisé.

Assembl n’est pas un réseau social ni un forum en ligne. C’est une plateforme d’échanges structurés et un outil de capitalisation du savoir tacite permettant de maximiser les contributions collaboratives d’un groupe, chacun des participants étant fortement incité à réagir et à co-construire en fonction des contributions des autres participants.

Pendant une période déterminée, tous les participants inscrits sur Assembl peuvent poster des idées et suggestions en lien avec les thèmes choisis dans une arborescence de thématiques. Au-delà de nouvelles idées, ils pourront/devront également partager des éléments de veille, commenter et enrichir les idées des autres.

Au fur et à mesure, l’équipe d’animateurs s’assurera que les participants contribuent avec un fort niveau de contribution et de qualité d’information, et feront ressortir les idées « pépites » (concepts clés).

A périodes régulières (généralement tous les 15 jours), les animateurs rédigerent une synthèse qui résumera les grandes idées postées pendant la période. Cette synthèse permettra à chacun d’avoir une vision d’ensemble du processus d’intelligence collective en cours. Le débat continuera pendant plusieurs cycles et se terminera par une synthèse finale, qui est pensé comme un outil d’aide à la décision.

Les recommandations retenues doivent par la suite être accompagnées afin de s’assurer qu’elles soient mises en œuvre opérationnellement.

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Copie d’écran du débat « Français de l’étranger »

Les 4 rôles de l’animation d’un débat Assembl

  • L’attrapeur

Il a pour fonction de repérer et d’attraper (extraire) des concepts clés et des idées forces dans les conversations entre les participants. Il enrichit progressivement, sur la base de ces segments attrapés, la table des idées qui permet de structurer le débat sous la forme d’un arbre.

  • Le synthétiseur

Il a pour fonction de résumer sur une base périodique l’évolution du débat telle que représentée par les modifications de la table des idées. Cette synthèse est soumise à l’ensemble des participants pour validation et vote. Cette itération permet de générer la boucle vertueuse assurant une réelle dynamique d’intelligence collective dans la mesure où chaque participant est amené à réagir aux contributions des autres participants (contrairement à la fonction « commentaires » des réseaux sociaux qui privilégie les commentaires individuels).

  • L’animateur de communauté éphémère

Il s’assure de l’engagement ultra-rapide d’une communauté qui n’a vocation à se réunir que sur le temps très court de la consultation. Celle-ci dure en général 2 mois afin de répondre à un double objectif de mise en tension d’un collectif et de production itérative d’un livrable véritablement co-construit par des centaines, voire des milliers de personnes.

  • Le knowledge manager

Il package tout au long du débat une veille (meilleures pratiques, data, études et rapports, etc.) afin d’alimenter les contributeurs. Il peut jouer le rôle de « fact-checking » permettant de valider certaines affirmations qualitatives faites dans le débat en ligne par le biais de données quantitatives. Enfin, il synthétise des documents cités par les participants afin de les rendre intelligibles.

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Copie d’écran du débat « Paris Ville intelligente et durable »

Êtes-vous prêts à réinventer la démocratie avec nous ?

 

Pour découvrir Assembl :

 Pour bénéficier d’une démo d’Assembl : maxime.barbier@bluenove.com et contact@bluenove.com

 

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