Avec son « Open Comex », l’avenir d’EDF se décide avec ses 100 000 salariés

Vous avez sans doute entendu parler des shadow comex. Le Groupe Accor avait défrayé la chronique en 2016, en lançant une instance composée de douze hommes et femmes de moins de 35 ans avec pour mission d’éclairer les travaux de la Direction, principalement sur les sujets digitaux (voir article). Puis Pernod Ricard, Adecco, Arval, Eiffage Construction, Macif ou encore SNCF s’y sont mis en mettant, pour la plupart, les jeunes à proximité du pouvoir. Pour quels résultats ? Difficile encore d’en mesurer l’impact réel. L’ensemble de ces initiatives partent toutes d’une bonne intuition : il est urgent pour les grands groupes de repenser leurs façons d’imaginer leur avenir et de décider autrement.

Ce qu’a vécu le Groupe EDF ce lundi 2 juillet va encore plus loin. Avec la retransmission live de son Comex, pendant plus de 2h30, des décisions stratégiques ont été prises sous les yeux de l’ensemble des salariés. Sans trucage. En totale transparence.

Une première mondiale ?

Ce Comité exécutif retransmis en live est peut-être même une première à l’échelle d’une organisation comme EDF. mondiale(à confirmer). C’est surtout l’aboutissement d’une démarche globale et sincère d’intelligence collective au nom de code « Parlonsénergies ». Ce temps de Comex ouvert n’est donc que la face immergée de l’iceberg d’une démarche bien préparée, remarquablement déployée, très qualitative en termes d’idées produites et vécue avec passion et engagement par les salariés. Après plusieurs mois de dialogue, il était devenu évident pour les dirigeants que les décisions sur l’avenir de l’entreprise ne pouvaient pas être prises en petit comité.

Avec Parlons énergies, le groupe EDF a donc bousculé certaines frontières de l’innovation managériale. Durant quatre mois, le groupe a consulté ses 100 000 salariés afin d’enrichir sa vision. Au total, ce sont plus de 20 000 salariés qui se sont engagés pour proposer au Comex une vision enrichie et 20 défis d’importance à relever pour l’avenir du Groupe.

Les principes forts structurant cette démarche de dialogue 

  • un phasage de la démarche en plusieurs étapes respectant un cycle d’intelligence collective: appropriation, idéation, approfondissement, décision, mise en action
  • une combinaison de canaux de contribution officiels, à la fois online (plateforme d’intelligence collective Assembl développée par bluenove) et offline (60 rencontres en régions réunissant, dans 30 villes en France, 200 personnes sur une1/2 journée), avec une approche spontanée avec la mise à disposition de kits à destination de volontaires pour favoriser l’essaimage de la démarche en proposant d’organiser des formats originaux de dialogue (jeux de rôles, débats flash, rédaction de micro fictions).
  • la mise en place d’un cadre de concertation (charte d’engagement des parties prenantes, garant externe issu de la CNDP, équipe projet représentant différents métiers du Groupe…) pour favoriser la transparence, la confiance et l’actionnabilité de la démarche.
  • la création de nouveaux rôles dans l’organisation pour soutenir et animer la démarche : dialogueurs, volontaires, sponsors.
  • la forte implication du top management : par un pilotage rapproché du comex et l’organisation d’événements dédiés.
  • un processus industrialisé de traitement de l’information issue de la plateforme et des ateliers.

Pour en savoir plus sur la démarche Parlons énergies, voici une vidéo et un article précédemment publié.

Et maintenant ?

Et si ce type d’approche devenait le mode de fonctionnement normal des organisations ? C’est en tout cas ce que pense Philippe Méchet, pilote de la démarche Parlons énergies qui considère que « l’intelligence collective apparaîtra comme quelque chose d’évident dans les grandes entreprises dans 10 ans ».  C’est pour cela que la Direction a décidé, sous les yeux des salariés, de mettre en place un système d’intelligence et d’action collective pérenne pour soutenir les grands sujets du Groupe. Et il reste encore du chemin pour engager les dizaines de milliers de salariés n’ayant pas participé à Parlons énergies !

D’autres grandes entreprises se lancent avec volontarisme dans une transition de modèle. C’est le cas notamment de Danone, qui par la voix de son patron Emmanuel Faber, annonce vouloir mettre fin au système de management pyramidal. L’entreprise lance le projet “Une personne, une voix, une action” pour donner du pouvoir d’agir et de décision aux salariés (voir article Le Monde). Une initiative à suivre de près !

Après EDF et Danone, who’s next ?

 

Pour en parler, n’hésitez pas à me contacter : maxime.barbier@bluenove.com