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Bright Mirror

Bright Mirror embarque dans un collège à Bruxelles


11 février 2050, je prépare mes affaires pour me rendre dans ma greenschool… C’est par cette phrase que se lance le 1er Bright Mirror organisé pour des adolescents.

Petit tour dans le passé pour restituer le contexte. En octobre 2018, Antoine Brachet et Déborah Le Bloas se rencontrent chez Usbek & Rica. Lui est directeur exécutif de Bluenove et à l’origine ces ateliers de micro nouvelles utopiques.  Elle est la fondatrice de Confkids, des conférences philosophiques immersives, et travaille à faire inclure les jeunes dans les réflexions sur la transition. L’évidence s’impose : les plus jeunes doivent s’emparer de Bright Mirror.

Récit d’un 11 février 2019.

Véronique Henry, professeure de français à l’Ecole Européenne de Bruxelles 4, convie donc 100 collégiens à tenter l’expérience.

Ils sont encouragés par la bienveillance et l’expérience de l’écrivain Mabrouk Rachedi qui revendique « la plume comme arme d’expression massive ». Dominique Willemsens, du Réseau idée, les nourrit d’idées de dynamiques dans des écoles vertes. Antoine et moi, observateurs avides de leurs réactions, nous faisons la remarque qu’ils écoutent religieusement les exemples dans lesquels ils peuvent se projeter immédiatement et concrètement. C’est une parfaite illustration de leur motivation à œuvrer ici, maintenant, dans leur propre école pour contribuer à cette transition. Nous trépignons à l’idée de les lire.

Bright MirrorBright Mirror

 

Ils ne se font pas prier. A peine assis en groupe, déjà ils griffonnent, c’est une explosion créative. Certains à l’aide d’un mind map construisent des histoires complexes, se terminant sur des twists qui nous laisseront bouches bées. D’autres, bénéficiant d’un talent dans leur groupe, ajoutent des illustrations tout en détails à leur histoire. Ici, les uns nous offrent une transition réussie en nous alertant sur les dangers d’une dictature verte. Là les autres évoquent la nécessité du changement individuel et d’une résurgence du sens dans nos quotidiens. Ils passent tout au crible : la mobilité, l’énergie, l’architecture, la terraformation, l’IA, la robotisation… On convoque Martin Luther King, on interroge la place de l’humain, le bien être, les classes sociales, le dissensus. D’aucun, trop pudiques passent le « je » de la phrase initiale à la troisième personne. Il faut dire c’est d’eux qu’ils parlent.

On le sent d’autant mieux que la question de l’écologie n’est jamais que technique. Elle se pense, et se résout parfois, à l’aune des enjeux sociaux, humains, émotionnels. La greenschool n’est qu’un prétexte pour réinventer et réenchanter l’homme et le monde alentour, comme on sait le faire si fort à cet âge. Par besoin d’exprimer au plus près ses émotions, par bravade bienveillante ou par jeu assumé, plusieurs groupes préfèrent se libérer des consignes d’écriture, pour aller vers des textes pessimistes ou des rédactions en solo. Du moment qu’ils nous parlent du futur au présent, on parle de la même chose …

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A travers les solutions qu’ils leur apportent d’ici 2050, on perçoit les inquiétudes de cette génération. On voit aussi, surtout, leur espoir et leur énergie. A travers ces 25 récits on comprend que pour eux, les solutions sont partout disponibles. A les écouter, il suffit de regarder autour de soi, en conscience. Comment ne pas faire un lien direct avec la cinquième grève étudiante pour le climat qui réunissait 20.000 étudiants 4 jours plus tot à Bruxelles.

 

 

Autant de preuves de l’importance d’embarquer leur imaginaire débridé dans nos questionnements sur le futur, et de multiplier les occasions de donner de la voix à une population trop peu entendue.

Déborah Le Bloas