Engie People Lab Qualité de l'air

Engie People Lab Qualité de l’air : quand les territoires s’engagent

En janvier 2021, a débuté la démarche Engie People Lab Qualité de l’air. Ce sujet, priorité environnementale et sanitaire, nécessitait une réponse collective. ENGIE, bluenove, l’EM Lyon, Grenoble Ecole de Management et International Mozaïk ont conçu un dispositif de co-construction inédit, rassemblant citoyens, industriels, experts et collectivités, dans une démarche en trois étapes. Les Engie People Labs, think tank ouvert des innovations durables de demain, ont été créés à l’initiative de Valérie Gaudart et Nicolas Rolland. Ils se tiennent régulièrement avec des acteurs de l’entreprise et de la société civile, de tous âges.

Retour sur ce People Lab augmenté, le premier Engie People Lab territorial, avec Attaa Ben Elafdil, consultante senior, et Ornella Maghany, consultante chez bluenove.

Pourquoi ENGIE a décidé de s’engager sur l’enjeu de la qualité de l’air, et ce dans une démarche partenariale ?

Attaa bluenove

Attaa Ben Elafdil : La pollution de l’air représente la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac en France. C’est un enjeu majeur auquel la population n’est pas assez sensibilisée. Engie, de son côté, est l’un des grands acteurs européens de l’énergie renouvelable et le sujet de la qualité de l’air est un enjeu transverse, qui touche l’habitat, la mobilité, l’industrie, soit de nombreux secteurs d’activités d’Engie.

Thierry Raevel, directeur régional d’Engie Auvergne-Rhône-Alpes, a choisi ce sujet pour mobiliser son écosystème dans le but d’innover directement sur le territoire, à l’échelle de sa région. Il est allé au contact des élus et des collectivités, ainsi que d’autres acteurs régionaux pour constituer une communauté d’acteurs autour de la qualité de l’air. Engie s’est donc positionné très vite non pas comme un expert du sujet mais comme un animateur de communauté en faveur de l’innovation.

Dans une approche partenariale, nous avons donc travaillé avec l’EM Lyon et Grenoble Ecole de Management, deux écoles dotées de chaires dans la transition énergétique avec leur propre réseau d’experts, ainsi qu’International Mozaïk et Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, observatoire agréé par le Ministère  de la Transition écologique pour la surveillance et l’information sur la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes. La gouvernance et le financement de la qualité de l’air sont des enjeux centraux, car souvent facteurs de blocage, il semblait donc d’autant plus important de faire appel à l’intelligence collective pour imaginer des modes de gouvernance partagés et des modèles économiques décentralisés.

 

people ask qualité de l'air

 

Quelle méthodologie a été retenue ?

ornella bluenove

Ornella Maghany : Ce projet s’est déroulé en trois temps :

People ASK : Interroger les citoyens pour connaître leur ressenti quotidien vis-à-vis de la qualité de l’air

People LAB : Co-construire des solutions innovantes aux défis thématiques identifiés par les groupes de travail d’experts

People FAB : Prototyper et expérimenter sur le territoire Auvergne-Rhône-Alpes les solutions retenues.

Nous avons l’habitude de travailler ces trois briques chez bluenove mais c’est la première fois qu’elles sont toutes réunies sur un même projet ! Cette innovation dans le dispositif a permis de créer des alliances entre citoyens, entreprises et collectivités. Près de 2 000 contributeurs ont participé à cette consultation en répondant à une série de questions. Le volet citoyen a été très important car est ressorti dans la restitution un fort décalage entre la réalité et la perception de la qualité de l’air. Causes, facteurs et responsabilités n’étaient pas bien appréhendés par la population, le défi de sensibilisation est donc d’autant plus apparu comme un enjeu majeur.

Sur cette base, des ateliers d’experts se sont tenus pour analyser les contributions et identifier les principaux défis de chacune des thématiques retenues (Habitats, Mobilité, Gouvernance, Sensibilisation, Finance, Santé – Environnement et bien-être). C’est à partir du ressenti citoyen que se sont basés les experts pour travailler aux solutions permettant de répondre à leurs sujets d’interrogation.

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bluenove accompagne les PEOPLE LAB depuis trois ans maintenant. Quelle a été la particularité de cette 13ème édition ?

O.M : Habituellement, les ENGIE People Labs se déroulent sur une journée d’idéation en présentiel, réunissant étudiants, collaborateurs d’Engie, experts, sur des sujets d’innovation sociétale et sont destinées, à la fin de la journée, à déboucher sur des propositions de solutions actionnables. Cette fois-ci, il s’agit d’un « People Lab Augmenté », puisqu’il était précédé de cette phase de consultation, ainsi qu’une phase aval, « People Fab », destinée à expérimenter rapidement des solutions et engager les acteurs du territoire dans cette phase de prototypage.

A.BE : Cette journée de co-construction a été scindée en deux demi-journées et a mobilisé une centaine de participants. Plus de 10 000 connexions ont également été enregistrées sur les séquences de l’évènement relayées  au grand public sur le site de La Tribune. Les ateliers se sont clôturés par une séance de pitch devant un jury éclectique de 21 personnes, chargé de sélectionner les solutions à expérimenter. Son président, Eric Fournier, maire de Chamonix, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et président de ATMO Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que Jean-Pierre Clamadieu, président du Conseil d’Administration d’Engie, ont clôturé ce People’s Lab sur ces quelques mots :

« Les problématiques d’environnement nécessitent des réponses collectives parce qu’on est face à des systèmes très complexes. (…). Je crois vraiment que ce qu’il y a derrière le People’Lab, c’est l’intelligence collective. On met ensemble des gens très différents, on définit un thème de réflexion, quelques méthodes assez simples et on a généralement une production qui nous impressionne par sa qualité. »

O.M : 12 solutions ont été approfondies et 7 ont été désignées coup de cœur du jury, comme « Airmès », un capteur individuel et personnalisable pour donner une mesure concrète de la qualité de l’air dans son habitat. Ou encore « La belle Air », un label à destination des territoires pour valoriser la qualité de l’air.

Jean-Pierre Clamadieu, président du Conseil d’Administration d’Engie

 

Quels ont été les facteurs clés de succès de cette mission ?

A.BE : C’est avant tout l’humain, que ce soit la capacité de notre client Thierry Raevel à mobiliser dans son écosystème et à fédérer autour de ce projet, que l’implication d’experts comme Marie-Blanche Personnaz ou Pierre Athanaz, qui ont été convaincus par la démarche. Cette réussite repose aussi beaucoup sur la communauté des 55 ambassadeurs, que nous retrouvions chaque vendredi pour un RDV de 30 minutes, baptisé « bulle d’air ». Une bulle d’air, c’est presque l’opposé d’une réunion. On en profite pour transmettre les dernières infos certes, mais il s’agit surtout d’une rencontre libre animée tour à tour par l’un des participants. On a eu une séance de méditation, des jeux-concours, de la musique, de l’expertise et même de la poésie sur la thématique de l’air ! Les Engie People labs sont citoyens, inclusifs, apprenants et tournés vers l’action depuis l’origine. C’est l’essence même de ces Labs, ce qui explique leurs succès.

 

Personnellement, qu’est-ce que vous avez particulièrement apprécié dans ce projet ?

O.M : Ce projet m’a permis de faire énormément de rencontres, j’ai vraiment eu le sentiment de vivre l’intelligence collective dans toute son entièreté. La diversité des acteurs, entre étudiants, collectivités, experts, collaborateurs d’Engie, était passionnante. J’ai beaucoup aimé former des personnes à la facilitation, qui ont été impliquées et engagées activement dans cette communauté des facilitateurs.

A.BE : J’aime bien expérimenter de nouveaux dispositifs, et j’ai été comblée. Nos partenaires nous ont fait confiance à mesure qu’on voyait le dispositif s’amplifier. C’était intéressant de voir la communauté s’agrandir, et le sujet prendre progressivement sens grâce à la consultation citoyenne et aux entretiens d’experts. Et enfin, on a pu apprécier l’engagement des participants aux People’s Lab. Certains étaient spontanément prêts à s’engager sur le temps pour expérimenter les solutions imaginées .Communauté, sens et passage à l’action se sont révélés être les ingrédients clés de ce dispositif.  Et nous avons hâte avec Ornella de mettre cette recette au service de nouveaux enjeux et de nouveaux territoires.

 

Envie d’en savoir plus sur cette démarche ? Retrouvez le replay de notre Workshop dédié lors de l’évènement Change NOW !

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