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Grand Débat National : ceci n’est pas un sondage !

Cette expérience inédite du Grand Débat National initiée par Emmanuel Macron le 10 décembre 2018 et dont une première restitution a été faite au premier Ministre le 8 avril 2019 a fait émerger un “trésor national”, pour reprendre les mots de la garante Mme Falque-Perrotin.

Dont il convient d’imaginer qu’il n’a pas encore dévoilé son plein potentiel.

Pour certains, ce Grand Débat était parti “mal emmanché” pour reprendre les mots de Bruno Latour : contrôle des thèmes de discussion, presque sondage un peu téléguidé pour certaines questions, et demande de réponse sur des sujets précis plus que création d’un espace de dialogue délibératif.

En définitive, la matière de ce Trésor aurait certes pu être plus dense et riche.

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Mais il s’agit d’un exercice inédit à cette échelle, durant lequel les citoyens se sont avérés à la hauteur de leurs responsabilités en faisant par exemple émerger quatre thèmes nouveaux : Economie & Entreprise, Santé, Solidarité & Intégration, Pouvoir d’Achat, Education & Formation : les contributions libres ont à ce titre été essentielles !

Nous n’en sommes qu’au début. Mais ce Grand Débat National inédit à l’échelle mondiale préfigure de nouvelles modalités de création d’un dialogue démocratique susceptibles d’optimiser les décisions prises par une nation en faisant émerger des idées novatrices par ses citoyens, qui marquent en les exprimant leur adhésion au processus démocratique avec un niveau d’engagement bien supérieur à celui d’un vote.

Ceci n’est pas un sondage…mais un « marché des idées » !

L’ensemble des contributions libres exprimées par les Français ne peuvent en aucun cas être considéré comme un sondage, et ne prétendent à aucun de ses attributs :

Ce n’est pas une analyse quantitative des souhaits des Français : 20% des contributions exprimées spontanément évoquent le rétablissement de l’ISF. Le chiffre est faible, mais il doit être considéré comme la “notoriété spontanée” du sujet ISF lorsque la question posée est ouverte. 20% rapporté au nombre de contributions libres, c’est la 2ème proposition la plus partagée des contributions libres !
Ce n’est pas un échantillon représentatif. L’échantillon des citoyens qui ont répondu sont ceux qui ont voulu participer à l’exercice, qui était ouvert à tous.
Les contributions libres au Grand Débat National ont en définitive fait émerger un « marché des propositions » exprimées spontanément par les citoyens. C’est le début d’un processus possible d’idéation citoyenne!

Une nouvelle grille de lecture de l’expression citoyenne émerge

A la lecture de toutes ces contributions, nous avons vu émerger petit à petit une grille de lecture potentiellement novatrice et susceptible de porter de nouvelles modalités de conversation démocratique que nous aimerions porter à la sagacité des lecteurs.

Les citoyens s’expriment naturellement en fonction de leur degré de connaissance ou d’appétence pour différents sujets.

Par exemple, certains sujets ne sont que très peu évoqués. A titre d’exemple, nous n’avons pas lu beaucoup de contributions qui évoquent l’impact de l’intelligence artificielle sur le marché du travail. Ce thème appartient à une première catégorie que nous pourrions qualifier d’angles morts du débat.

Par ailleurs, d’autres sujets sont largement évoqués, mais de manière systémique. Les citoyens qui se sont exprimés sont aujourd’hui dans l’ensemble convaincus de l’urgence écologique, qui est devenue une réalité pour la plupart. Si ce débat avait eu lieu il y a 10 ans, il y a fort à parier que cette préoccupation aurait été bien moins présente. En revanche, au delà de cette urgence partagée, on voit émerger peu de propositions techniques pour y répondre. Ou alors un refus de contribuer à résoudre le problème avec les solutions actuellement proposées, par exemple refuser le principe d’une taxe carbone.

Ce sujet appartient à une autre catégorie que l’on pourrait qualifier de préoccupations clés.

Enfin, il y a certains sujets pour lesquels les citoyens proposent des solutions concrètes inédites, porteuses de sens et de projets actionnables, parfois immédiatement. Par exemple “sécuriser les lanceurs d’alertes” . Il s’agit de la dernière catégorie, constituée de propositions concrètes

Faire Politique ensemble !

Imaginez vous un instant à la place d’un dirigeant public ou privé en 2020.

Il y a fort à parier que cette grille de lecture vous aide à envisager d’autres modalités pour prendre vos décisions. Que vous puissiez vous appuyer sur la puissance des idées de la multitude pour réfléchir et faire politique ensemble.

Prenons l’exemple des préoccupations clés. L’urgence écologique est présente dans les esprits. C’est un début. Mais c’est là que le travail commence pour aboutir à des solutions partagées et répondre à cette urgence.

Il faut créer un dialogue délibératif pour concevoir ensemble, en quelques mois, une réponse collective techniquement et politiquement recevable à cette préoccupation partagée et qui bénéficiera de la puissance associée à sa construction collective.

Si ce type de dispositif est mis en place, alors la décision finale sera construite à partir de l’expression même des citoyens ou des collaborateurs, vos premières parties prenantes.